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Pourquoi le contrôle technique des motos est-il important ?

Depuis avril 2024, le contrôle technique des deux-roues motorisés n’est plus un projet : c’est une obligation inscrite dans le Code de la route. Cette page a été reprise le 27 septembre 2026 parce qu’elle véhiculait encore la date de 2023 — celle d’un décret suspendu puis annulé — et qu’elle prêtait à une association de motards l’exact contraire de ce qu’elle a dit. Voici le texte applicable, avec son numéro, et ce qu’il change vraiment pour vous.

⚡ En bref
  • ▸Le contrôle technique des véhicules de catégorie L s’applique depuis avril 2024.
  • ▸Texte de référence : décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023, codifié principalement à l’article R. 323-27 du Code de la route.
  • ▸Base légale : loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités (art. 96), codifiée à l’article L. 323-1.
  • ▸Le Conseil d’État a rejeté les derniers recours le 12 mars 2025 (décision n° 487988).
  • ▸⛔ La date de 2023, encore citée partout, vient d’un décret d’août 2021 suspendu puis annulé : elle n’a jamais pris effet.
avril 2024
entrée en vigueur du contrôle technique 2RM
n° 2023-974
décret du 23 octobre 2023
R. 323-27
article du Code de la route
164
défaillances listées par la FFMC

Le texte applicable, avec son numéro #

Illustration : motard casqué et équipé sur une moto sportive, en roulage sur route de campagne. Image d'illustration, elle ne représente aucun modèle ni aucune marque identifiable.

L’obligation est portée par le décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023, publié au Journal officiel et codifié principalement à l’article R. 323-27 du Code de la route. Elle s’appuie sur l’article 96 de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités, codifié à l’article L. 323-1.

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Citer un texte par sa seule date, sans son numéro, est le meilleur moyen de se tromper de texte : c’est exactement ce qui s’est produit ici. Les deux repères à retenir sont donc 2023-974 et R. 323-27.

Les contestations juridiques sont éteintes : le Conseil d’État a rejeté les derniers recours contre le décret et son arrêté d’application par une décision du 12 mars 2025, n° 487988.

  • ✓Véhicules visés : catégorie L — motos, scooters, cyclomoteurs, motos électriques, quads, side-cars, voitures sans permis.
  • ✓Entrée en application : avril 2024.
  • ✓Ce qui a changé par rapport à la version précédente de cette page : la mention « obligatoire à partir de 2023 » est fausse et a été retirée.
« Contrôle technique : « n’y allez pas ! » appelle la Fédération des Motards en Colère »
— Titre de l’article de France 3 Grand Est que la version précédente de cette page présentait comme un éloge des centres de contrôle

Pourquoi la date de 2023 traîne encore partout #

Le 9 août 2021, un décret rendait le contrôle obligatoire au 1ᵉʳ janvier 2023. La presse l’a annoncé — par exemple BFMTV en août 2021 — puis ce décret a été suspendu, un décret d’annulation a été pris, et le Conseil d’État est intervenu à plusieurs reprises. La date de 2023 n’a jamais produit d’effet.

Deux ans plus tard, la question était toujours ouverte, comme le montrent le point d’étape de mai 2023 et le décryptage de La Dépêche de juin 2023, tous deux écrits avant le décret de référence. Un article qui recopie ces sources sans les redater publie une date morte.

Le calendrier réellement appliqué est échelonné selon l’année de première immatriculation. Il faut le vérifier pour sa machine, et non le déduire d’un article de blog — celui-ci compris.

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  • ✓Immatriculation avant le 1ᵉʳ janvier 2017 : concernés dès la première vague.
  • ✓Immatriculation entre 2017 et 2019 : passage en 2025.
  • ✓Immatriculation entre 2020 et 2022 : passage en 2026.
  • ✓Immatriculation après 2022 : premier contrôle au bout de 4 ans.
  • ✓⚠️ Échéance personnelle : la référence est votre certificat d’immatriculation et la fiche officielle du service public, pas une moyenne.

Ce qui est réellement contrôlé #

Illustration : moto sportive en mouvement sur une route bordée de champs, pilote en équipement intégral. Image d'illustration sans marque ni modèle identifiable.

La Fédération française des motards en colère publie la liste des points contrôlés : 164 défaillances, classées en mineures, majeures et critiques. C’est la référence la plus précise disponible en accès libre, et elle vient de l’organisation la plus critique du dispositif — ce qui la rend difficilement suspecte de complaisance.

Les modalités pratiques et le déroulé de la visite sont détaillés par Moto-Net. Les grands ensembles vérifiés sont ceux que l’on attend : freinage, direction, suspensions, éclairage et signalisation, pneumatiques, échappement et niveau sonore, structure et châssis, identification du véhicule.

⛔ Deux affirmations de la version précédente ont été retirées faute de source : le contrôle du filtre à particules — équipement que les deux-roues n’embarquent pas en règle générale — et l’intégration annoncée du système d’appel d’urgence eCall au protocole. Aucune des deux ne figure dans les sources citées par cette page.

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Une mesure contestée : ce que disent vraiment les sources #

Illustration : vue rapprochée d'une moto sportive et de son pilote en tenue de cuir, à l'arrêt en bord de route. Image d'illustration, aucune plaque ni marque lisible.

C’est ici que la version précédente de cette page se trompait le plus lourdement. Elle écrivait que certains centres avaient « su se démarquer par leur professionnalisme » et avaient été salués par la Fédération des Motards en Colère, en renvoyant vers un article de France 3. Cet article dit l’inverse : il est titré « Contrôle technique : n’y allez pas ! appelle la Fédération des Motards en Colère » et rapporte un appel au boycott. La source était réelle, le lien fonctionnait : c’est l’attribution qui était fausse.

La mobilisation a été nationale : rassemblements de motards contre le contrôle technique, colère relayée par Sud Ouest, et un reportage de France 3 montrant un sujet qui divise motards, policiers et associations de prévention routière.

L’argument central des opposants est constant : une part importante des accidents impliquant un deux-roues met en cause un tiers ou l’infrastructure, pas l’état de la machine. Une étude d’accidentalité menée par BCA Expertise est citée en sens inverse par les partisans du dispositif. Nous ne tranchons pas ce débat : le contrôle est obligatoire, c’est un fait juridique, et son efficacité reste discutée.

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Ce que le contrôle technique moto ne remplace pas #

Une visite périodique est une photographie à un instant donné. Elle ne dispense d’aucune vérification courante, et personne de sérieux ne prétend le contraire.

L’entretien ordinaire — pression et usure des pneus, garnitures de frein, tension et graissage de chaîne, niveaux, choix de l’huile moteur, éclairage — reste le vrai filet de sécurité. Les règles générales applicables aux contrôles techniques, tous véhicules confondus, sont rappelées dans ce récapitulatif de Capital, et une synthèse pratique côté deux-roues est proposée par Tout sur mes finances.

Autre idée à ranger : passer le contrôle technique moto ne rend pas une machine plus performante. Un contrôle constate, il ne règle rien. La comparaison parfois faite avec une mise à jour logicielle qui augmente les performances d’une Tesla ne tient pas : dans un cas le constructeur modifie le véhicule, dans l’autre un contrôleur remplit un procès-verbal. Ce qui améliore la moto, c’est la réparation faite ensuite.

En revanche, un défaut relevé dans le contrôle technique est un défaut que l’on ne découvre pas au freinage. C’est là, et seulement là, que le dispositif apporte quelque chose au pilote.

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  • ✓Contrôle avant chaque sortie : pneus, freins, éclairage, chaîne.
  • ✓Entretien selon le carnet du constructeur, kilométrage réel à l’appui.
  • ✓Conservez le procès-verbal : il compte à la revente, comme le carnet d’entretien.
  • ✓Une machine utilisée pour un usage quotidien s’use plus vite qu’une machine de week-end : adaptez les échéances, pas seulement le calendrier légal.

Choisir son centre, sans se raconter d’histoires #

Le contrôle des véhicules de catégorie L est réalisé par des centres agréés et des contrôleurs qualifiés pour cette catégorie : tous les centres auto ne le sont pas. C’est le premier critère, et il est vérifiable.

Le prix n’est pas fixé par l’État : il varie d’un centre à l’autre. Nous ne publions volontairement aucun tarif ici, parce qu’un tarif recopié d’un article ancien est un tarif faux. Appelez deux ou trois centres agréés de votre secteur.

Enfin, méfiez-vous des classements de centres : aucune fédération de motards ne décerne de label de qualité aux centres de contrôle. Les amateurs de moto qui cherchent un avis fiable le trouveront plus sûrement auprès de leur concessionnaire ou de leur club que dans un palmarès en ligne.

🎯 À retenir
Le contrôle technique des deux-roues s’applique depuis avril 2024 au titre du décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023 (article R. 323-27 du Code de la route), et le Conseil d’État a clos les recours le 12 mars 2025. La date de 2023 que l’on lit encore partout vient d’un décret suspendu puis annulé : elle n’a jamais existé en droit.

Questions fréquentes #

Depuis quand le contrôle technique moto est-il obligatoire ?

Depuis avril 2024, au titre du décret n° 2023-974 du 23 octobre 2023, codifié principalement à l’article R. 323-27 du Code de la route. La date du 1er janvier 2023, issue d’un décret d’août 2021, n’a jamais pris effet : ce décret a été suspendu puis annulé.

Quels véhicules sont concernés ?

Les véhicules de catégorie L : motos, scooters, cyclomoteurs, motos électriques, quads, side-cars et voitures sans permis.

Quand dois-je passer ma première visite ?

Le calendrier dépend de l’année de première immatriculation : avant 2017 pour la première vague, 2025 pour les immatriculations 2017-2019, 2026 pour 2020-2022, et au bout de 4 ans pour les véhicules immatriculés après 2022. Votre échéance personnelle se vérifie sur la fiche officielle du service public, certificat d’immatriculation en main.

Combien de points sont vérifiés ?

La Fédération française des motards en colère publie la liste des 164 défaillances possibles, classées en mineures, majeures et critiques.

Combien ça coûte ?

Le tarif est libre : il n’est pas fixé par l’État et varie selon les centres. Nous ne publions pas de fourchette, parce qu’un prix recopié d’un article ancien induit en erreur. Demandez un devis à deux ou trois centres agréés près de chez vous.

La Fédération des Motards en Colère recommande-t-elle des centres ?

Non. Elle a au contraire appelé à ne pas s’y rendre. Toute page qui lui prête un éloge des centres de contrôle inverse le sens de ses prises de position.

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